Elle m'a sollicitée pour une escapade, une journée entre filles et sans enfants. Il ne m'a pas fallu une seconde pour
accepter. Quand elle est même allée jusqu'à modifier la date de ce rendez vous pour que je puisse être auprès d'elles, j'ai été particulièrement touchée. Et puis il y avait si longtemps que je n'étais pas allée me ressourcer dans ce centre, ça tombait bien ! Je me faisais une
joie toute simple qu'elles aient pensé à moi, j'étais heureuse à l'idée qu'on aurait un peu de tranquillité pour mieux se découvrir, dans ce lieu que j'aime tant, cet endroit magique et si
reposant. Tout était prêt, j'avais prévu un repas facile pour ceux qui resteraient à la maison, parce que ce serait la toute première fois, depuis la naissance de Gaspard, qu'il garderait nos 3
enfants aussi longtemps. Je lui avais conseillé de profiter d'eux, de donner à cette journée un petit air de fête et de liberté, sans les horaires souvent imposés par maman. Oui, tout était prêt
et je me sentais bien, j'irai sereine. Gaspard était un peu fébrile la veille, mais quoi, cela n'empêcherait pas mes velléités nouvelles de m'éloigner quelques heures. Et puis. Au réveil, il
n'était vraiment pas en forme, se tordait de douleurs intestinales, pleurait, boudait même le sein, mais refusait aussi de quitter mes bras. Qu'à cela ne tienne, son papa pourrait bien le porter
aussi, et je serai de retour en fin d'après midi. Je sentais une boule très angoissante monter tout au fond, mais j'en avais tellement besoin, de cette journée ! Pourtant. A la dernière minute,
j'éclatais en sanglots : non, je ne pourrai pas laisser mon bébé malade toute une journée, mon bébé qui ne se calmait qu'au creux de mes bras. Et cette décision m'a apaisée. Elles y sont allées
sans moi. Très souvent cet après-midi, j'ai pensé à elles flânant à Terre Vivante mais je n'ai pas regretté de rester auprès de lui en ce dimanche. Il y aurait bien d'autres occasions.
Rien ne remplace le sourire de cet enfant quand il est en forme. D'ailleurs, ce soir, il allait un peu mieux. Malo semblait prendre le relai. Y aurait-il un virus dans nos murs
?
par La Hutte aux Pies
publié dans :
La Dame Oiselle
5
C'était mal parti. Dès le réveil, mes yeux ne s'ouvraient pas, ne voulaient pas s'ouvrir, et cette envie tenace de rester sous la couette, une heure
encore goûter les plaisirs du silence, le bonheur d'être seule et pas sollicitée. Et puis. Un petit déjeuner presque tranquille, pour mieux accepter d'être déjà debout. Ils
s'amusent.


Une mise au point avant le départ pour l'école. Malo heureux de retrouver ses copains. Câlin, bisou, au revoir, c'est si simple. Alors. J'avance
confiante vers la classe de grande section. Anna entre en décomposition. Je décide de tenir bon, tout doucement lui glisser dans l'oreille, ce matin je te laisse à l'école, tu iras et peut-être
tu seras fière de toi après, tu as la bague fétiche au creux de la poche, tu as même doudou Zoé dans ton joli sac rose. Ce matin je repars sans toi. Larmes et cris. La maîtresse me jette la
pierre, vous restez trop longtemps. Non, j'écoute mon enfant qui n'a jamais aimé l'école, depuis la toute première journée. La maîtresse me demande de la garder avec moi, elle a 32 élèves, pas de
soutien, Anna serait un poids, elle ne peut tout mener de front. Comme je la comprends sur ce point, 32 élèves en grande section ! Mais. J'ai décidé de la laisser ce matin, on en avait parlé
toute la soirée, on était d'accord. Je pars en courant, je pars en pleurant. Mais je pars sans elle, qui hurle derrière.
Débuts difficiles pour cette journée. Pourtant. Petit bouquet de fleurs des champs à 11h30, petit bonheur de celle qui m'a vue pleurer, celle qui vient chercher ses jumeaux. Elle emmène Malo qui ne veut pas
quitter ses frères de jeux. A la maison, nous serons donc sept à table, la joie du repas partagé. Mila est avec nous, Gaspard est très content. Anna ne dit rien, ne raconte pas. La maîtresse
s'est excusée auprès de moi. J'ai répondu, bien sûr on fait tous au mieux.
13h30, c'est l'heure. Anna se bute, Anna refuse. Bon. Tous les autres sautent dans la bétaillère. Arrivée à l'école, je retrouve Malo qui ne veut
pas aller à l'école l'après-midi. Retour avec lui. Ils sont quatre. Mila, Gaspard, Malo, Anna. Fatigués tous les quatre. Les grands décident un boycott de la sieste. Trop lasse pour négocier, j'y
consens bon gré mal gré. Mila s'ensommeille. Doucement, lui proposer le repos. Non. Larmes et cris. C'est la journée. Elle baille, elle est épuisée. Dormir dans le lit ? Non. Peut-être avec Anna
qui s'allonge près d'elle ? Non. Dans l'écharpe ? Non. Et dans la poussette ? Non. Le temps coule. Gaspard s'impatiente, je l'endors. Mila pleure. Malo se bouche les oreilles. Anna cherche des
solutions. Mauvaise journée. Surtout, rester calme. Et si on sortait ? Ouf.
Des copains arrivent. J'avais complètement oublié leur visite prévue de longue date. Je suis heureuse de la voir, avec ses deux petits et son ventre
arrondi. Pourtant. Pas le jour. Je les reçois du bout des lèvres, j'explique à quel point cette journée est difficile pour moi. On a les défauts de ses qualités et je suis trop entière pour
savoir faire semblant. Malo est ravi de retrouver Macéo. Avec Macéo, le jeu favori et habituel n'est pas pour me plaire : casser, détruire, ravager, jeter les jeux, couper les feuilles des
tulipes du jardin. Du lait sur le feu. Mila appelle, mais ne veut pas être dans les bras, alors rester tout près d'elle, ne pas la toucher. Gaspard se réveille. Malo et Macéo poursuivent leur
opération de dévastation. Bon. Et si on goûtait ? Ouf. Visite éclair, départ des copains. Elle comprend bien : mauvaise journée.
Bon. Et si tous ces enfants prenaient un bain ? Ouf. Mila oublie un peu sa fatigue. Ils sont beaux tous les quatre qui barbotent et rient ensemble.
Puis. Départ de Mila. Retour du Merle plus tôt qu'à l'ordinaire. Vite, vite, ce soir j'ai RDV chez un médecin. Problème de santé. Je dois être à 20h dans la grande ville polluée. 80 km, un
sandwich, "Beirut" dans le lecteur CD de la voiture, je souffle. La journée finira bien : il ne
faut pas opérer, la nature a bien travaillé, je me suis auto-nettoyée. Le spécialiste se frotte les yeux, il n'en revient pas. Hygiène de vie, n'est ce pas ?

par La Hutte aux Pies
publié dans :
La Dame Oiselle
10
Vos petits mots