Chroniques des oiseaux bavards

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Mercredi 7 mai 2008
On a préparé un gâteau à 8 mains pour célébrer leur venue, pour sentir régner comme un air de fête sur notre après-midi.






















C'était la toute première fois qu'une autre blogueuse allait passer le seuil de ma porte, que je rencontrerai pour de vrai une relation jusqu'alors virtuelle, que je mettrai un visage sur un de mes liens en bas à droite. Je n'étais pas anxieuse, juste curieuse, un peu impatiente, et tellement étonnée encore que tout ce temps passé devant mon PC puisse connaître un aboutissement tellement concret. Je ne savais pas si, au delà des mots écrits, nos coeurs pourraient convoler. Elle
est arrivée à l'heure, son bébé porté dans un joli hamac coloré, et son grand garçon marchant à côté. Presque immédiatement j'ai su que je ne m'étais pas trompée, qu'on saurait trouver les phrases, que les sujets couleraient sans effort, qu'on s'entendrait, et qu'entre nous deux tout serait simple. On a bu plusieurs théières, on a mangé le gâteau, on se sentait bien, sans éprouver aucune gêne, aucun embarras. Les enfants ont joué tout l'après-midi, très vite rejoints par les petits voisins, comme une joyeuse bande joueuse, sautillants tout autour de nous. Le temps est passé si vite et déjà la soirée prenait le pas. Alors, parce qu'il le fallait bien, on s'est quittées en ayant encore tant à se raconter ... Bien sûr, on se reverra !
par La Hutte aux Pies publié dans : La Dame Oiselle
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Dimanche 4 mai 2008
Elle m'a sollicitée pour une escapade, une journée entre filles et sans enfants. Il ne m'a pas fallu une seconde pour accepter. Quand elle est même allée jusqu'à modifier la date de ce rendez vous pour que je puisse être auprès d'elles, j'ai été particulièrement touchée. Et puis il y avait si longtemps que je n'étais pas allée me ressourcer dans ce centre, ça tombait bien ! Je me faisais une joie toute simple qu'elles aient pensé à moi, j'étais heureuse à l'idée qu'on aurait un peu de tranquillité pour mieux se découvrir, dans ce lieu que j'aime tant, cet endroit magique et si reposant. Tout était prêt, j'avais prévu un repas facile pour ceux qui resteraient à la maison, parce que ce serait la toute première fois, depuis la naissance de Gaspard, qu'il garderait nos 3 enfants aussi longtemps. Je lui avais conseillé de profiter d'eux, de donner à cette journée un petit air de fête et de liberté, sans les horaires souvent imposés par maman. Oui, tout était prêt et je me sentais bien, j'irai sereine. Gaspard était un peu fébrile la veille, mais quoi, cela n'empêcherait pas mes velléités nouvelles de m'éloigner quelques heures. Et puis. Au réveil, il n'était vraiment pas en forme, se tordait de douleurs intestinales, pleurait, boudait même le sein, mais refusait aussi de quitter mes bras. Qu'à cela ne tienne, son papa pourrait bien le porter aussi, et je serai de retour en fin d'après midi. Je sentais une boule très angoissante monter tout au fond, mais j'en avais tellement besoin, de cette journée ! Pourtant. A la dernière minute, j'éclatais en sanglots : non, je ne pourrai pas laisser mon bébé malade toute une journée, mon bébé qui ne se calmait qu'au creux de mes bras. Et cette décision m'a apaisée. Elles y sont allées sans moi. Très souvent cet après-midi, j'ai pensé à elles flânant à Terre Vivante mais je n'ai pas regretté de rester auprès de lui en ce dimanche. Il y aurait bien d'autres occasions.

























Rien ne remplace le sourire de cet enfant quand il est en forme. D'ailleurs, ce soir, il allait un peu mieux. Malo semblait prendre le relai. Y aurait-il un virus dans nos murs ?

par La Hutte aux Pies publié dans : La Dame Oiselle
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Vendredi 2 mai 2008
Souvent, alors que j'écoute les amis me raconter leurs moments rien que pour eux, leurs heures volées à une vie de famille qui déborde, leurs petites affaires choisies, leurs projets de week-end de fête ou d'amour, je ressens un malaise. Un sentiment un peu pénible, comme un manque que je canalise au mieux, pour ne pas crier comme c'est exigeant de les avoir tout le temps près de moi, comme c'est emprisonnant. Bien sûr, c'est délicat de faire garder 3 bambins dont l'aînée n'a pas 6 ans, dont le dernier est encore allaité. Bien sûr, ces marmots là sont de bien joyeux drilles, élevés en plein air et bruyants plus souvent qu'à leur tour. Bien sûr, les seuls qui pourraient s'acquitter de cette tache avec le sourire sont en Bretagne. Bien sûr, je sais tout cela. Et je sais le reste aussi, les réseaux de soutien et d'entraide qui s'effritent, l'isolement, les familles qui s'effilochent, l'argent qui commandite une improbable baby-sitter, les "méthodes d'éducation" si strictes et injustes que je ne pourrais pas laisser mes enfants même quelques heures, mon souci de veiller sur eux, d'être là au cas où, l'immense plaisir de les voir grandir comme on regarde pousser de belles plantes. Oui, je sais bien. Mais parfois, pour mieux m'en occuper, pour empêcher les déferlantes de ras le bol, pour ne pas fléchir, j'aimerais tant avoir un peu de soutien. Et, sans m'inquiéter, simplement profiter aussi d'une vie sans eux. 


par La Hutte aux Pies publié dans : La Dame Oiselle
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Mercredi 23 avril 2008
Il est des rencontres essentielles pour peu qu'on sache les capturer, puis même les savourer, et, sans jamais trop intellectualiser, en goûter tout le plaisir. Il est des secondes qui prennent tout leur temps, il est des coïncidences qui n'en sont peut-être pas, des rendez vous qu'on n'avait pas pris mais qui bouleversent l'existence, ouvrent de nouvelles voies vers un chemin mieux balisé, comme le phare éclairant sa nuit. Il est des secondes qui deviennent des minutes, des minutes qui n'en finissent plus de se succéder. Il est des sourires encore timides, qui pourtant en disent long sur la joie de se trouver.

Au même moment, un bouleversement survient dans la vie professionnelle de celui qui travaille à l'extérieur pour assurer notre confort matériel, faciliter notre accès au bien être, une opportunité qui nous laisse penser que finalement, on sera savoyards, que c'est en Savoie que nos enfants s'enracineront.

Alors que l'on doute comme jamais, des évènements improbables, des situations imprévues se produisent en chaîne, et tout semble plus simple, tout s'éclaire d'un seul coup. Il est un lieu de vie que l'on découvre, grâce à notre Anna, un endroit comme un jardin fertile et prometteur auquel on s'attache très vite, un cadre en construction que la chance met sur notre route, et on se dit ici c'est possible, oui, ici nous pourrions apporter un peu de nous même, de notre énergie gardée précieusement qui attendait le bon moment pour se répandre. Un lieu et ceux qui le font, une place peut-être auprès d'eux, comme une belle histoire qu'on aimerait écrire avec eux, pour goûter leurs différences, s'enrichir de leur quotidien, leur proposer notre idée du vivre ensemble, notre goût du collectif, notre sens de la vie communautaire et du partage pour laisser une empreinte la plus faible possible de notre passage sur cette terre abimée. Sur le chemin, nous entrevoyons une porte dont on aimerait avoir la clef.






par La Hutte aux Pies publié dans : La Dame Oiselle
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Jeudi 10 avril 2008
Et la vie poursuit sa route, vaille que vaille, oubliant peu à peu le fatidique sablier, ce calculateur impénitent. Je préfère, impuissante, le maintenir en un lieu écarté, le condamner pour longtemps à la relégation et souligner l'essentiel, me centrer sur les fondamentaux, qui se jouent là, sous mes yeux encore sombres mais à nouveau délicieusement émus. Je suis seule avec eux pour quelques jours, alors, parce qu'ils sont les branches de mon arbre, je choisis de prendre le temps de les aimer, de ne nourrir ni celle ci ni celle là.
Anna rentre de l'école les poches pleines de petits papiers pliés, des petits mots comme des secrets qu'elle sait lire. Je sais lire, maman, je suis si fière de moi. Et je sais aussi parler anglais, hand et head, pig et fish. Malo me régale de ses acrobaties verbales, de ses pirouettes de mots, de son amour qui déborde. Gaspard marche chaque jour un peu mieux, son sourire est toujours celui d'un ange. Je mesure ma chance, et sa fragilité.    


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Dimanche 23 mars 2008
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J'ai le dimanche morose et nostalgique... Ils sont partis faire de la luge en chantant. Gaspard est avec moi, il est aux bras de Morphée, plongé peut-être dans de doux rêves blancs et cotonneux. Il neige comme jamais de toute la saison d'hiver !
















Je me pose un instant...

Il me revient en pensée cet album qu'elle m'avait fait découvrir, et que j'aimais tellement à 20 ans, à l'époque où j'avais le temps d'écouter des mélodies en boucle sans que jamais elles ne me lassent. Je suis prise d'une envie folle et immédiate de les entendre à nouveau... Mes vieilles cassettes sont bien rangées tout au fond du garage, restées dans un carton après un déménagement. Alors, les paroles m'envahissent et google trouvera pour moi quelques uns des ces airs là. Je me souviens et je souris, troublée, prise d'une émotion que je ne contrôle pas, celle que je cherchais peut-être, seule en ce dimanche de neige.





par La Hutte aux Pies publié dans : La Dame Oiselle
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Mercredi 19 mars 2008
C'était mal parti. Dès le réveil, mes yeux ne s'ouvraient pas, ne voulaient pas s'ouvrir, et cette envie tenace de rester sous la couette, une heure encore goûter les plaisirs du silence, le bonheur d'être seule et pas sollicitée.  Et puis. Un petit déjeuner presque tranquille, pour mieux accepter d'être déjà debout. Ils s'amusent.

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Une mise au point avant le départ pour l'école. Malo heureux de retrouver ses copains. Câlin, bisou, au revoir, c'est si simple. Alors. J'avance confiante vers la classe de grande section. Anna entre en décomposition. Je décide de tenir bon, tout doucement lui glisser dans l'oreille, ce matin je te laisse à l'école, tu iras et peut-être tu seras fière de toi après, tu as la bague fétiche au creux de la poche, tu as même doudou Zoé dans ton joli sac rose. Ce matin je repars sans toi. Larmes et cris. La maîtresse me jette la pierre, vous restez trop longtemps. Non, j'écoute mon enfant qui n'a jamais aimé l'école, depuis la toute première journée. La maîtresse me demande de la garder avec moi, elle a 32 élèves, pas de soutien, Anna serait un poids, elle ne peut tout mener de front. Comme je la comprends sur ce point, 32 élèves en grande section ! Mais. J'ai décidé de la laisser ce matin, on en avait parlé toute la soirée, on était d'accord. Je pars en courant, je pars en pleurant. Mais je pars sans elle, qui hurle derrière.

Débuts difficiles pour cette journée. Pourtant. Petit bouquet de fleurs des champs à 11h30, petit bonheur de celle qui m'a vue pleurer, celle qui vient chercher ses jumeaux. Elle emmène Malo qui ne veut pas quitter ses frères de jeux. A la maison, nous serons donc sept à table, la joie du repas partagé. Mila est avec nous, Gaspard est très content. Anna ne dit rien, ne raconte pas. La maîtresse s'est excusée auprès de moi. J'ai répondu, bien sûr on fait tous au mieux.

13h30, c'est l'heure. Anna se bute, Anna refuse. Bon. Tous les autres sautent dans la bétaillère. Arrivée à l'école, je retrouve Malo qui ne veut pas aller à l'école l'après-midi. Retour avec lui. Ils sont quatre. Mila, Gaspard, Malo, Anna. Fatigués tous les quatre. Les grands décident un boycott de la sieste. Trop lasse pour négocier, j'y consens bon gré mal gré. Mila s'ensommeille. Doucement, lui proposer le repos. Non. Larmes et cris. C'est la journée. Elle baille, elle est épuisée. Dormir dans le lit ? Non. Peut-être avec Anna qui s'allonge près d'elle ? Non. Dans l'écharpe ? Non. Et dans la poussette ? Non. Le temps coule. Gaspard s'impatiente, je l'endors. Mila pleure. Malo se bouche les oreilles. Anna cherche des solutions. Mauvaise journée. Surtout, rester calme. Et si on sortait ? Ouf.

Des copains arrivent. J'avais complètement oublié leur visite prévue de longue date. Je suis heureuse de la voir, avec ses deux petits et son ventre arrondi. Pourtant. Pas le jour. Je les reçois du bout des lèvres, j'explique à quel point cette journée est difficile pour moi. On a les défauts de ses qualités et je suis trop entière pour savoir faire semblant. Malo est ravi de retrouver Macéo. Avec Macéo, le jeu favori et habituel n'est pas pour me plaire : casser, détruire, ravager, jeter les jeux, couper les feuilles des tulipes du jardin. Du lait sur le feu. Mila appelle, mais ne veut pas être dans les bras, alors rester tout près d'elle, ne pas la toucher. Gaspard se réveille. Malo et Macéo poursuivent leur opération de dévastation. Bon. Et si on goûtait ? Ouf. Visite éclair, départ des copains. Elle comprend bien : mauvaise journée. 

Bon. Et si tous ces enfants prenaient un bain ? Ouf. Mila oublie un peu sa fatigue. Ils sont beaux tous les quatre qui barbotent et rient ensemble. Puis. Départ de Mila. Retour du Merle plus tôt qu'à l'ordinaire. Vite, vite, ce soir j'ai RDV chez un médecin. Problème de santé. Je dois être à 20h dans la grande ville polluée. 80 km, un sandwich, "Beirut" dans le lecteur CD de la voiture, je souffle. La journée finira bien : il ne faut pas opérer, la nature a bien travaillé, je me suis auto-nettoyée. Le spécialiste se frotte les yeux, il n'en revient pas. Hygiène de vie, n'est ce pas ?  

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