Chroniques des oiseaux bavards

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Jeudi 8 mai 2008
Quelques très rapides coups de téléphone suffiront pour organiser au dernier moment une journée pas comme les autres. On montera tous dans la bétaillère pour aller au royaume du vol libre, et ce sera papa qui conduit puisqu'il ne travaille pas, même si on est jeudi. Juste assez de temps sur la route pour fournir les explications indispensables aux enfants, que déjà on arrivera à la gare. Là on aura rendez-vous avec des amis. Et cette fois, on prendra le train pour aller tous ensemble retrouver d'autres amis dans leur maison si chaleureuse. Mais ce ne sera pas n'importe quel train. On montera très excités dans un petit funiculaire qui grimpe là haut... On aura par chance des places de choix, on profitera du panorama grandiose sans en perdre une miette. On pensera surtout à regarder les enfants jubiler, les écouter se réjouir puis se taire pour mieux apprécier le paysage et les sensations. Une petite marche jusqu'à notre point d'arrivée. On sera heureux de se retrouver pour un pique nique au jardin. Les enfants s'éparpilleront après le premier verre d'eau et le premier sandwich. Ils ne réapparaîtront qu'en cas de besoin vital : faim ou soif. Le bébé fera une douce sieste à l'ombre, bercé par les rires des bambins, les discussions des grands, les bêlements des moutons. L'après-midi s'étendra sous la torpeur d'un beau soleil de mai, égayée par le bonheur d'être réunis autour d'une table, entre petits grignotages, bières et tisanes désaltérantes. Il faudra prendre le chemin du retour mais ce changement ne sera pas un déchirement comme parfois pour les enfants : le funiculaire nous attend vers la grande descente. On retrouvera notre bétaillère, papa conduira cette fois encore, et on aura passé une belle journée !






























 
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Mardi 6 mai 2008
Nous décidons de ne pas nous laisser vaincre si facilement : se réjouir du soleil encore doux l'après midi, se promener un peu autour de la maison, cueillir un joli bouquet pour une table plus gaie comme elle sait en faire, imiter le bruit du tracteur, profiter de rencontres étonnantes et découvrir un métier, saluer les copains, caresser les amis à 4 pates.
Gaspard ne va pas beaucoup mieux, Malo est plutôt fatigué. Mais voilà un programme qui met du baume au coeur des garçons, calme la douleur et adoucit les peines.













































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Dimanche 4 mai 2008
Aligner les légos pour s'improviser acrobate. Serrer avec confiance une main amie dans cet exercice d'équilibre et d'adresse. Recommencer encore et encore. S'imaginer artiste de cirque, trapéziste, voltigeur.






















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Jeudi 1 mai 2008
Pourquoi cette tendance implacable à faire souffrir, ces expressions brutales et crues, lâchées sans ménagement comme pour blesser seulement ? Une cruauté impitoyable, si peu raffinée... Mais cette sorte de sauvagerie ne l'est jamais. Aucune indulgence dans leurs propos. Je les écoute se traiter avec rudesse, leur insensibilité me blesse et m'écorche au plus profond. Ils me meurtrissent avec toute cette violence, ils sont tellement inflexibles parfois ! Et si leurs raisons de se poignarder, de se déchirer, nous semblent dérisoires, il n'en est rien, leur regard peiné me dit bien leur souffrance. Ils sont 7 cet après-midi, ils ont tous entre 4 et 6 ans. Les remarques violentes de leurs parents, quand les petits viennent se plaindre des agissements des uns et des autres, n'aident pas à apaiser leur fragiles coeurs d'enfants en apprentissage de la vie en société. Pourquoi les enfants sont-ils si cruels entre eux, pourquoi les adultes autour entretiennent-ils cette férocité ? Ces instants de leur vie, ces mots que je leur vole me sont insupportables. Pour me protéger, je me surprends à rêver. Je compose de nouvelles relations, je les saupoudre de bienfaisance, de tolérance, de respect. Enfin, je respire.





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Dimanche 27 avril 2008
Dans un vieux seau verser un peu de terre sèche, ajouter de l'eau. Remuer à 8 mains avec les doigts, une pelle, ou un bâton peut-être. Malaxer jusqu'à obtenir une pâte compacte, mais pas trop, c'est au jugé. Prendre tout son temps. Goûter pourquoi pas, et vérifier la texture aussi souvent que souhaité. Utiliser cette mixture très simple pour accomplir un prodige : imaginer  une planète belle, pure et intègre, une planète où tout reste à faire, vierge de toute pollution. Inventer un nouveau monde. Surtout, oublier de se brider, laisser le champ libre aux rêves les plus merveilleux. Savourer un instant, le sourire aux lèvres, l'inventivité débordante des enfants créateurs. Se dire que si on les écoutait un peu mieux, tout serait plus apaisé.




































































Puis, revenir à la réalité, se laver les mains, déguster un bon goûter spécial bâtisseur d'un idéal, se changer, prendre un bain, préparer le repas... s'arrêter, souffler ... pfffft ...
Allez, chiche qu'on le fait !




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Lundi 21 avril 2008
Tout avait bien commencé pour un dimanche, une matinée joyeuse et pleine de copains à la foire bio de Savoie, puis un repas dominical léger et printanier, salade reine des glaces aux graines multiples, lentilles, premiers fromages de chèvre aux herbes à faire pâlir de plaisir, pain et vin. La petite tisane digestive s'est imposée, propice à entamer notre sempiternelle discussion autour de la recherche du vivre mieux en dépensant moins, pour éviter de toujours avoir besoin de gagner plus. Le temps gris et pluvieux m'aurait tout droit menée vers une sieste réparatrice, si je n'étais entourée par deux zigues aux envies plutôt festives. J'avais entendu parler qu'une petite troupe de jongleurs ferait son spectacle pas bien loin, et quoi ! Rien de mieux pour un dimanche après-midi qu'un peu de cirque. Comme à l'accoutumée, pas de départ dans la bétaillère sans en remplir les sièges, alors bien sûr qu'on emmène avec nous une copine. Je laissais le merle à sa sieste avec notre tout petit pour mener ma troupe de 3 gais lurons vers un dimanche qui leur conviendrait.

Le petit chapiteau bleu et blanc était dressé, bien en place dans le vaste champ de pâquerettes, de pissenlits en fleurs, de trèfles emmêlés. Il n'était pas seul, autour, la vie battait son plein et il ne m'en fallait pas davantage pour donner tout son sens à mon dimanche après-midi : caravanes, jongleurs, saltimbanques, orgue de barbarie, chiens joueurs, marmots en renfort, cheveux longs, sourires et musiciens. Ils étaient tous là. Une minute a suffi pour qu'on se fonde dans cette masse enjouée et radieuse, qu'on se mêle au groupe, qu'on se sente en famille, parce que ces ambiances là sont de celles qui nous réchauffent le coeur et l'esprit. Et puis, on était en avance pour le début du spectacle, tant mieux, ça me laissait le temps de la palabre, et aux enfants celui de faire de beaux bouquets de fleurs et de nouveaux copains.




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Vendredi 18 avril 2008
Les vacances nous donnent le goût des petits déjeuners qui s'éternisent, de rester en pyjama jusqu'à midi. Ce matin, point de farniente : il s'agissait de laver leurs animaux favoris, de passer à l'eau le lion, l'éléphant, le rhinocéros, le cheval et le taureau, même le gros mammouth ou le bison que tous les copains convoitent. Ils ont demandé un drap pour ne pas glisser sur le carrelage, ils ont vidé des caisses de leur contenu pour en faire des baignoires très adaptées, ils les ont remplies d'eau et ont entamé leur vaste opération de nettoyage, scrupuleusement, comme souvent les enfants qui font "tout seul". Le bain était très efficace, chacun étant bien appliqué à sa tâche. A quel moment le vent-il a tourné ? Je ne saurai le dire, mais, parce que les enfants ne manquent jamais d'idées, quelques minutes à peine ont suffi pour que je vois ça :




















Et je ne montre que les photos publiables, je garde les autres, celles où on les voit danser en riant, nus et joyeux autour des animaux oubliés...

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