Il y a eu les jeux, la cour de leur maison (celle de l'ancienne école du village) revue et décorée à la craie, des cochons
pendus sous les regards étonnés, un bon goûter avec des bougies à souffler pour tous, quelques cadeaux, des bonbons, des batailles en règle dans l'herbe, des pipis contre le magnolia en
fleurs, de la poterie, des éclats de rire,
du thé pour les grands, des portraits du seul qui me laisse encore prendre la photo sans râler, et le soleil. C'est si bon d'être un enfant.
Et c'est si dur aussi. Il y a eu la dispute à cause des bonbons dévorés et engloutis trop vite, plein la bouche, trop dans la bouche, comme un ogre. Il y a eu la frustration des autres de ne pas
être de ceux qui reçoivent les cadeaux, ou de ne pas savoir travailler la terre comme on imaginerait, l'angoisse quand "les copains ne veulent pas jouer avec moi", et tous ces chagrins. Cette somme de petits riens qui n'en
sont pas vraiment, qui n'en sont pas du tout quand on a 4 ou 6 ans.
par La Hutte aux Pies
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