Voici (re)venu le temps des éternelles remises en questions, toujours les mêmes, celles qui amènent aux discussions étalées,
aux points qui n'en finissent plus de se soulever. Quand je donne une identité aux branches de mon arbre, il se demande où planter le sien. Alors que je me sens libre et sans attaches, il veut
s'enraciner. Et comme mus par une inspiration commune, il ramène des arbres naissants de la campagne bretonne si chère à son coeur, celle qu'il aime tant, qu'il fuit et qu'il poursuit sans
relâche. Des pruniers, des pêchers, tout un verger à planter dans son jardinet savoyard, cet espace trop petit dans lequel il étouffe. Son coeur lui dicte de retourner chez lui, où il est né,
quand sa raison l'en empêche. Il vit tiraillé dans cette ambivalence. Je propose de le suivre là où son attachement le porte, comme un jour il l'avait fait pour moi, quand c'était primordial.
Mais il doute. Je suggère de planter une bouture de ses racines dans les Alpes, pour multiplier les points d'ancrage, il se dérobe. Nostalgique peut-être d'un passé qu'on ne rattrape jamais, il
n'aime rien tant que retrouver son clocher, mais ne sait pas s'il pourrait y être heureux aujourd'hui avec femme et enfants. Il apprend à connaître la Savoie, mais recule si elle lui tend la
main, il ne peut entièrement se donner à elle, refuse d'être adopté.Il voudrait... Et puis non.Il confie ses craintes à livre ouvert, cette composante double qui l'empêche de se réaliser enfin, de rencontrer de nouveaux amis, de
construire sa vie. Sur le chemin,il trébuche :Il avance mais ses yeux regardent ailleurs.
Je vis egalement avec un breton déraciné et ce que tu dis me touche beaucoup...
J ai parfois l'impression qu ils ne seront jamais tout à fait heureux ou du moins tout à fait "accompli" ailleurs, et qu en même temps, ils craignent finalement d y retourner et de ne pas retrouver ce qu il y ont laissé...
Dur dur la recherche du temps perdu...
bises
commentaire n° : 1 posté par : sarah (site web) le: 14/04/2008 15:21:36
Oui, c'est tout ça à la fois !
réponse de : La Hutte aux Pies (site web) le: 15/04/2008 15:02:31
De Savoie, nous avons ramené trois pousses de mélèzes l'été dernier ! Deux ont déjà des feuilles mais le troisième a le blues de l'altitude ... comme nous !
réponse de : La Hutte aux Pies (site web) le: 15/04/2008 15:03:01
Le coeur qui aimerait y retourner, la tête qui s'interroge : "Est-ce que j'y serais bien ? Est-ce que nous y serions bien ?"... Je ne la connais que trop bien, cette ambivalence... Mon mari est de partout, ou de nulle part. Cela me semble tellement plus facile. Moi, où que j'aille, j'ai toujours du mal à me sentir chez moi, à me faire de amis. Je me dis toujours que nous n'habiterons pas toujours là, que le travail de mon mari nous mènera ailleurs. Autant de réflexions qui m'empêchent de me poser...
Oui, toi, tu es comme frank ... Et bretonne aussi !
réponse de : La Hutte aux Pies (site web) le: 15/04/2008 15:06:16
je connais ce questionnement et en suis moi-même étonnée. cette question est d'autant plus douloureuse lorsque l'on voit les gens que l'on aime s'éloigner avant même que l'on ai pu en profiter, les contempler, s'en imprégner. mais peut-on jamais assez profiter de ceux qu'on aime. et il est peut-être illusoire de croire qu'on le ferait mieux en vivant à leur côté.
une sage femme me disait récemment que l'on est dans une barque et que chaque nouveau venu fait tanguer l'embarcation le temps de retrouver un équilibre tous ensemble. cette image m'a semblé tellement juste, et il est bien normal que la barque tangue aussi lorsque un part
biz
commentaire n° : 4 posté par : alexandra le: 14/04/2008 21:37:50
Ah, j'en déduis que bébé est encore au chaud ....
réponse de : La Hutte aux Pies (site web) le: 15/04/2008 15:06:50
Oh l'attachement à notre région, aux nôtres, je connais... c'est celui qui me fait retenir le rêveur d'ailleurs.
J ai parfois l'impression qu ils ne seront jamais tout à fait heureux ou du moins tout à fait "accompli" ailleurs, et qu en même temps, ils craignent finalement d y retourner et de ne pas retrouver ce qu il y ont laissé...
Dur dur la recherche du temps perdu...
bises
Oui, c'est tout ça à la fois !