Vendredi 23 mai 2008
Elle a prévenu la veille, j'arrive demain pour le
café avec mon bébé. Vite, j'ai préparé un lit pour qu'ils soient bien. On les attendait pour la pause digestive, mais j'avais prévu un repas élargi, je la connais : elle a ouvert la porte en fin
de matinée, sans frapper parce qu'elle est chez moi comme chez elle, son beau bébé sous le bras, juste à temps pour goûter aux carottes râpées poulet rôti pommes de terre sautées. Elle a posé sur
la table pour le plaisir des sens et de nous voir sourire, un petit fromage de chèvre dont vous me diriez des nouvelles, elle était toute chargée de cadeaux et de victuailles, une pensée pour
chacun d'entre nous, parce qu'elle a à coeur de faire plaisir aux autres. Son sourire inonde la maison comme à chacune de ses visites. On se connaît depuis de longues années, on a partagé nos
faiblesses, on a ri et pleuré de nos blessures, on a fredonné les mêmes airs. Bien sûr, nous avons pris des distances après
nos années lycée. Pourtant, jamais nous n'avons perdu le fil du contact. La maturité peut-être, nos vies de femmes aussi, nous conduisent désormais vers un chemin mieux balisé, des retrouvailles
sereines, une relation simple et chaque fois plus apaisée : on se comprend si bien. C'est une femme libre mais pudique. Et je l'admire, elle semble toujours sûre de ses choix, les assume quoi
qu'il en coûte. Aujourd'hui, elle est aussi une jeune mère aimante et attentive. Elle habite bien loin, et Paris est une grande ville, mais elle vient souvent prendre quelques forces en terrain savoyard. Et le reste
peut attendre, et je la laisse prendre les photos puisque c'est son métier, et mon blog se met en pause, et le merle se
fait plus petit, lui sait qu'il n'aurait pas tout à fait sa place pour partager ce moment d'amitié. Nous pouvons alors
vivre quelques jours comme en rêve, entourées d'enfants, en oiseaux du ciel insouciants et rieurs.
Vos petits mots