Lundi 14 avril 2008
Voici (re)venu le temps des éternelles remises en questions, toujours les mêmes, celles qui amènent aux discussions étalées,
aux points qui n'en finissent plus de se soulever. Quand je donne une identité aux branches de mon arbre, il se demande où planter le sien. Alors que je me sens libre et sans attaches, il veut
s'enraciner. Et comme mus par une inspiration commune, il ramène des arbres naissants de la campagne bretonne si chère à son coeur, celle qu'il aime tant, qu'il fuit et qu'il poursuit sans
relâche. Des pruniers, des pêchers, tout un verger à planter dans son jardinet savoyard, cet espace trop petit dans lequel il étouffe. Son coeur lui dicte de retourner chez lui, où il est né,
quand sa raison l'en empêche. Il vit tiraillé dans cette ambivalence. Je propose de le suivre là où son attachement le porte, comme un jour il l'avait fait pour moi, quand c'était primordial.
Mais il doute. Je suggère de planter une bouture de ses racines dans les Alpes, pour multiplier les points d'ancrage, il se dérobe. Nostalgique peut-être d'un passé qu'on ne rattrape jamais, il
n'aime rien tant que retrouver son clocher, mais ne sait pas s'il pourrait y être heureux aujourd'hui avec femme et enfants. Il apprend à connaître la Savoie, mais recule si elle lui tend la
main, il ne peut entièrement se donner à elle, refuse d'être adopté. Il voudrait... Et puis non. Il confie ses craintes à livre ouvert, cette composante double qui l'empêche de se réaliser enfin, de rencontrer de nouveaux amis, de
construire sa vie. Sur le chemin, il trébuche : Il avance mais ses yeux regardent ailleurs.
Vos petits mots