Vendredi 2 mai 2008
Souvent, alors que j'écoute les amis me raconter leurs moments rien que pour eux, leurs heures volées à une vie de famille qui
déborde, leurs petites affaires choisies, leurs projets de week-end de fête ou d'amour, je ressens un malaise. Un sentiment un peu pénible, comme un manque que je canalise au mieux, pour ne pas
crier comme c'est exigeant de les avoir tout le temps près de moi, comme c'est emprisonnant. Bien sûr, c'est délicat de faire garder 3 bambins dont l'aînée n'a pas 6 ans, dont le dernier est
encore allaité. Bien sûr, ces marmots là sont de bien joyeux drilles, élevés en plein air et bruyants plus souvent qu'à leur tour. Bien sûr, les seuls qui pourraient s'acquitter de cette tache
avec le sourire sont en Bretagne. Bien sûr, je sais tout cela. Et je sais le reste aussi, les réseaux de soutien et d'entraide qui s'effritent, l'isolement, les familles qui s'effilochent,
l'argent qui commandite une improbable baby-sitter, les "méthodes d'éducation" si strictes et injustes que je ne pourrais pas laisser mes enfants même quelques heures, mon souci de veiller
sur eux, d'être là au cas où, l'immense plaisir de les voir grandir comme on regarde pousser de belles plantes. Oui, je sais bien. Mais parfois, pour mieux m'en occuper, pour empêcher les
déferlantes de ras le bol, pour ne pas fléchir, j'aimerais tant avoir un peu de soutien. Et, sans m'inquiéter, simplement profiter aussi d'une vie sans eux.
Vos petits mots