Chroniques des oiseaux bavards

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Mardi 26 février 2008
J'en profite : une fois n'est pas coutume, mon petit frère dort, il ne pourra pas détruire mes constructions avant même que je les ai terminées.  Alors, je fais une tour géante avec tous ses jouets. Plus grande que moi.

Et puis je veux, à mon tour, dépasser la tour :

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... Et voilà !



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Mardi 26 février 2008
S'il est un légume que j'aime à cuisiner, c'est bien la blette. Parce que non seulement, la blette est une belle plante avec sa longue feuille verte et veineuse, elle est agréable et facile à préparer, mais le résultat est toujours savoureux. Sans compter que, dans la blette rien ne se jette et tout est bon, on peut l'accomoder de multiples façons, c'est un légume pas cher (2 euros le kg à la biocoop), et surtout, les enfants en mangent. La seule contrainte, qui n'en est pas une vraie, c'est qu'il faut la consommer rapidement, elle ne sait pas se faire attendre. Pour préserver tout son arôme, il faut la cuisiner sitôt après l'avoir achetée...

Alors, ce matin, j'ai réquisitionné ma main d'oeuvre habituelle (et habituée) pour concocter un gratin de blettes. 

Dans l'ordre de préparation, ça donne :

- Laver les blettes
- Séparer les feuilles des côtes
- Couper les côtes en petits carrés (
Notez au passage que la cuisine est refaite à neuf, et mon prochain billet y sera - peut-être - consacré ..)
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- Faire cuire les côtes à la cocotte pendant 6-7 minutes
- Faire cuire les feuilles à grande eau pendant 15 minutes
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- Mixer les feuilles
- Tout mélanger dans un plat à gratin
- Ajouter un bocal de sauce tomates
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- Saler poivrer

- Saupoudrer de fromage râpé (ou bien d'amandes et de noisettes râpées pour une variante végétale)
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- Passer au four 30 minutes

Inviter des copains pour faire ripaille commune,
... Et déguster joyeusement la tambouille familliale du jour.
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Dimanche 24 février 2008
Il le faut bien. Alors, nous allons une fois la semaine faire quelques emplettes obligées au Super U de la  petite bourgade d'à côté. Jamais dans les très grandes surfaces. Trop de choix, trop de monde, trop de néons, trop de bruit. Parce que nous, au Super U d'à côté, on se sent presque bien. C'est dire.

A l'entrée, on trouve deux petits manèges spécial enfants sages (mais vous savez déjà que tous les enfants sont sages pour qui veut bien les écouter). Au Super U, il y a des chariots voiture, et mes enfants adorent les chariots voiture.

Vous nous reconnaîtrez facilement si je vous décris la scène qui suit : il y a un enfant à l'intérieur de la voiture du chariot, et un autre sur le toit. Ils échangent de place au rayon fromage. Ils inventent des histoires de voiture, puisque leur voiture, elle roule comme une vraie. Et je suis au volant : celle qui slalome entre les huiles et le poisson, tout en poussant laborieusement un chariot plein de victuailles avec 2 bambins bruyants et rieurs, c'est ma pomme. Comme souvent avec les jeux dangereux, ça se termine en crêpage de chignon et c'est pas de la tarte (que je n'achète jamais au Super U, soit dit en passant). Nous en avons oublié un : mon bébé. Il est dans le petit siège du chariot, à l'avant. Ou bien dans mon dos accroché. Le plus souvent, un peu les deux. Vous voyez qui nous sommes ? Très bien, alors je poursuis.

Au Super U, on ne peut pas se perdre dans les rayons, et on discute avec la caissière avenante. On a droit au regard courroucé, même indigné, des retraités qui trouvent les enfants beaucoup trop dissipés. Mal élevés. Et leur mère est bien jeune. Dépassée par les évènements. Elle ne sait pas les tenir.
Et puis avec ses sabots et son pantalon en velours, on dirait une hipie.
Au Super U, il y a la dame qui dit (vous la connaissez, j'en suis sûre) : "Ils sont à vous tous les 3 ? Ils ont combien d'écart ? Quel beau travail ! Vous en avez du courage. Moi, j'ai eu 3 enfants rapprochés, comme vous. Et maintenant j'ai 8 petits enfants !" Et celle ci aussi :  "Vous le portez comme les africains. Il est bien, vous êtes sûre ? Mais, il respire au moins ?".    

Hier, ils voulaient des babybels. Vous savez bien, ce fromage à pâte molle enrobé de cire rouge qui fait vernis à ongles. J'ai dit non. Pas de babybels aujourd'hui. On ne les finit jamais et en plus c'est pas du vrai fromage ce truc là. On est en Savoie quand même ! Et puis, le fromage, c'est à la biocoop qu'on l'achète. "D'accord Maman, mais on aura un tour de manège après ?". Oui pour le manège, je vous donne une pièce, gardez la bien dans vos poches.

Il faisait beau hier, le Super U était loin derrière nous. On partait en promenade sur les chemins près de la maison. Malo dit "j'ai faim". Je propose :"on marche un peu et on goûtera plus loin." Il répond :"mais j'ai un goûter." Et il sort un babybel de sa poche du blouson.

Et bien, vous savez quoi ? J'ai éclaté de rire. Ils ont raison, les retraités du Super U. Mais je l'ai trouvé bien malin mon Malo. Je lui ai même dit. On a pris la photo du premier larcin. Je crois qu'il a trouvé son petit fromage encore meilleur que si je l'avais sorti du frigo.
Puis on a marché sous le soleil en discutant, quand même, de la morale et de l'interdit du vol...

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Vendredi 22 février 2008
Elle lui dit  : j'ai fait un dessin pour toi, tu serais mon chevalier et je suis la princesse. Je t'ai dessiné et tu es fort pour me protéger. Ce dessin, tu vois, je l'ai fait pour toi, et j'ai écrit nos prénoms à tous les deux. Mais finalement je décide de le donner à Mamie qui va venir tout à l'heure alors si tu es d'accord je le prends en photo pour toi. 

Comme très souvent avec elle, il accepte aussitôt.

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Vendredi 22 février 2008
Voilà un très gros livre au titre aragonien, une oeuvre absolument magistrale, un récit comme une grande fresque onirique. 1200 pages époustouflantes pour nous entraîner dans l'épaisseur du temps. Le roman d'une vie. On reste en apnée sur certains paragraphes. Un roman d'amour et de mort dont, parfois, je lisais les phrases plusieurs fois, juste pour le plaisir du verbe, pour la merveilleuse affaire de la langue. Un roman si fort qu'il nous mène au bout de la nuit, pour aller plus loin, toujours plus loin au fil des pages, au fil du temps.

C'est un roman à la frontière entre deux époques. La première, le début du XVII ème siècle, et les ravages de la guerre de trente ans, le climat est rude, les scènes sont décrites avec violence et sans enjolivures, à la limite de l'acceptable. Une paysanne est brûlée pour sorcellerie. Son mari se jette dans les flammes pour mourir avec elle. Ils venaient d'avoir un fils, Dolat, fils du diable. Il sera recueilli par les chanoinesses et adopté par l'une d'elles, Apolline, une fillette à l'enfance ravagée. D'étranges liens les uniront. La cavale d'un amour fou, dans une époque cruelle et chaotique.  
La seconde époque nous mène à la fin du XX ème siècle. Changement de temps, mais pas de lieu. Après la tempête de 1999, Lazare, journaliste, convalescent et victime d'une étrange amnésie, remet les pas dans ceux de son enfance et tente de se comprendre.


Merci Angèle, Merci Super Mama...

Présentation de l'éditeur
Automne 1999. Lazare Grosdemange, journaliste et grand voyageur, revient sur les lieux de son enfance. Un accident lui a fait perdre la mémoire dans des circonstances troublantes qu'il cherche de toutes ses forces à éclaircir. Au début du XVIIe siècle, dans cette partie des Vosges, Dolat, fils d'une paysanne brûlée pour sorcellerie, apprend qu'il a été recueilli par les religieuses de Remiremont et adopté par une demoiselle de haut lignage. Il se retrouve impliqué avec Apolline, sa " marraine " devenue sa maîtresse, dans les intrigues qui secouent le duché de Lorraine, et doit s'enfuir vers la Bourgogne voisine. La guerre de Trente Ans qui dévaste la Lorraine atteint bientôt ces régions sauvages et sépare les deux amants. Par des voies secrètes et souterraines, la quête de Lazare Grosdemange va croiser, au-delà des siècles, les aventures de Dolat, " fils du diable ". Fresque hallucinée de la guerre de Trente Ans et roman contemporain, C'est ainsi que les hommes vivent est une immense aventure du langage et de la mémoire.


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Mercredi 20 février 2008
Il m'embrasse. Il m'enserre de ses petites menottes dodues, il m'enlace, il m'offre ses lèvres qu'il pose sur ma joue en cadeau. Il sait les vrais baisers qu'il donne sans compter. Il connaît les étreintes émouvantes. Il nous bouleverse tous de ses accolades rieuses, de ses déclarations d'affection véritable.

"Un bref baiser, vaut mieux qu'un pourparler. Pas trop verbeux, trop long et enlisé. Quand les discours trop longtemps courent, ils coupent court au cours d'amour, et le baiser, lassé,...  Je me souviens de cet air de Julos Beaucarne.  

Il m'embrasse et elle dit, tout en adoptant une mimique sérieuse, imitant peut-être sa mère à la perfection : "C'est si mignon, je vais prendre en photo ce moment là. Je peux, dis Maman ?".  Elle peut.

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Mardi 19 février 2008
C'est un membre de notre famille. Elle l'a adoptée, elle avait 6 mois, 7 mois peut-être. Elle n'était qu'un bébé. Trop tôt sevrée du lait maternel, trop tôt mise dans son lit magnifique, toute seule dans sa très belle chambre aux murs jaunes, princesse apeurée. Dès le premier jour, une maman naïve et son bébé si petit, une rencontre volée par un système médical trop bien rodé, des méthodes abrutissantes et culpabilisantes. Un si beau bébé avec des besoins intenses, des parents sans recul et bien jeunes qui ne comprenaient pas, qui pensaient faire bien, qui voulaient le mieux, qui écoutaient les autres, ceux qui croyaient leur donner les bons conseils.

Une maman tiraillée entre cette appétence d'elle, ce besoin inexplicable de la porter, cette inclination essentielle à la nourrir, cette soif mystérieuse d'être avec elle. Et les autres disaient "ça suffit". 3 mois ? C'est assez de nuits sans sommeil. 4 mois ? C'est assez de proximité. 6 mois ? C'est assez d'allaitement. Et puis c'est assez de pleurs incessants, ce ne sont que des caprices. Je suis cette maman là, et je me souviens de l'avoir laissée pleurer dans son lit, la porte de sa chambre fermée. Je me rappelle, et je pleurais de l'autre côté de la porte close. Je n'ai même pas pensé que je pouvais la prendre dans mes bras, qu'elle souffrait comme moi d'être si seule. Je pensais faire le mieux.
Je me souviens des émotions emmêlées, du capharnaüm à l'intérieur, comme une dévastation. Alors j'ai cheminé. J'ai désobéi aux dogmes. Petit à petit, j'ai osé porter ma fille pour rattraper le temps. Je suis allée à la rencontre de cette enfant qui ne demandait que ça. Je me suis abandonnée à elle. Un peu tard peut-être. Mais il n'est jamais trop tard pour aimer sans avoir peur.

Elle avait trouvé un palliatif, simple mais efficace mesure de protection.
Dès qu'elle a pu, elle l'a appelé Zoé. C'est un de ces cadeaux de naissance, un présent reçu d'un vieux copain, un ami que j'avais à 15 ans, Simon, un copain que je ne vois plus.

Doudou Zoé, son petit ours beige rien qu'à elle, qui a viré au gris pâle avec les années, Doudou Zoé jamais très loin d'elle.
Les garçons savent bien qu'il est intouchable. Ils l'apprennent très tôt. Il est un peu rapiécé, déjà plusieurs fois ravaudé avec du fil bien rose. Il la rassure. Elle l'embrasse avant de le passer à la machine, quand elle le décide. Elle le respire avec passion. Elle le caresse et le goûte un peu. Il est sa mascotte, son compagnon fidèle depuis les premiers temps.

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