Ils adorent faire une cabane avec le canapé ... Des fois, ça me fait rire. Mais d'autres jours, ça m'énerve, mais ça m'éneeeerve. Tout à l'heure, j'avais une
belle brochette, rose et dodue à souhait.
Attention m'sieurs dames : à tous ceux et toutes celles qui ont goûté ce merveilleux gâteau à la châtaigne. Je livre, enfin, la recette.
Pour combler vos convives et agiter vos papilles, il faudra déposer dans votre panier :
- 4 oeufs
- 100 g de farine (comme nous sommes une famille sans gluten, je propose 30 g de farine de châtaigne et 70 g de farine de riz. Mais chacun peut y mettre sa farine habituelle)
- 100 g de sucre
- 200 g de chocolat (bien noir chez nous)
- 500 g de crème de marron (plus ou moins : cela dépend combien vous en mangerez à la petite cuillère)
- 150 g de beurre
C'est enfantin :
Faire fondre le chocolat + le beurre
Mélanger les oeufs + le sucre + la farine + la crème de marron
Rassembler le tout
Cuire 25 à 35 minutes à four moyen (180°)
En cette fin d'après midi, ils jouaient. Ils grimpaient l'un sur l'autre, se chatouillaient, faisaient des pirouettes. Ils riaient à gorge déployée. Comme souvent, le
tout petit venait en renfort pour entrer dans la danse. Mais cette fois, je l'ai vu les rejoindre d'une façon toute nouvelle, une manière merveilleuse. Il marchait, et j'étais bouleversée, comme à
chaque premiers pas. Il marchait les bras tendus vers sa soeur, son frère, leur bonheur contagieux.
Les garçons dorment tous les deux, pendant qu'Anna est à l'école pour l'après-midi. Je suis seule, et pour un moment, un moment mien exclusivement, je
peux faire. Faire ce que je veux dans la continuité, sans être interrompue, sans être amenée à suspendre mon activité sur-le-champ. Car ils m'apostrophent toujours avec un caractère d'urgence. Même
si leur appel me semble au départ déplacé, souvent dénué d'intérêt, c'est un cri. Un cri réclamant réponse immédiate, ou presque. Alors, la plupart du temps, je suis disponible.
Mais là, je suis libre dans ma maison et c'est un état de fait si rare... que je m'en vais jouir de ce tout petit temps de très grande valeur, avant que d'entendre bien assez tôt crier "maman"
depuis une chambre là haut...
C'est un lieu singulier. Ils s'y sentaient bien, comme on est en famille, quand la famille est harmonie. Ils étaient petits quand ils le fréquentaient, mais déjà, je
devais ruser pour qu'ils le quittent. Allez, allez, c'est l'heure de rentrer à la maison. "Non, je joue !". C'est un lieu unique, les enfants l'aiment, ils ne l'oublient pas. Jamais. Les miens pas
plus que les autres. On rencontre des amis, des amis précieux. Des amis qu'on garde comme des cadeaux. Des moments qui restent, des petits airs de chansons, un peu de maquillage, beaucoup de
patouille, des sorties dans le quartier, des spectacles à Noël, du jardinage aussi, des rires très fort, une cuisine au milieu pour sentir de bonnes odeurs, des week-end nature au camping, un grand
feu de joie, et de bien belles soirées. Un goût du bonheur d'être ensemble. Des relations humaines riches et belles.
C'est une crèche associative et parentale, les professionnels sont des perles, et nous étions des membres très actifs, le Merle l'a même présidée. J'y ai tant appris, je lui dois beaucoup. A
commencer par mon idée de la parentalité. Je laissais mes enfants avec une confiance pleine et entière. Parfois, je faisais ma part, alors je ne partais pas. Parce que dans une crèche parentale, le
parent est là, tout près.
Puis, nous avons déménagés. Mais les amis sont restés, parents d'enfants des mêmes âges. On se rencontre très souvent. Les enfants se connaissent depuis toujours.
L'autre jour, Anna était invitée à un anniversaire d'une amie de la crèche. En route ! On est retournés dans la grande ville. On avait un peu d'avance, j'ai proposé aux enfants une promenade, il y
a même un tramway ! "Non, on veut aller à notre crèche !". Quelle bonne idée.
Rien n'avait changé. J'ai versé discrètement ma petite larme de joie. Gaspard s'est senti bien tout de suite. Anna et
Malo étaient un peu émus eux aussi. Ils ont été accueillis comme des rois, des rois qui avaient bien grandis. Embrassades, câlins, et chansons, parce que dans cette crèche, on chante pour dire je
t'aime.
Ce matin, au petit déjeuner, pendant le 7-9h30 de France Inter, Anna demande :
- C'est qui la dame Ingrid Bétan .. je-sais-plus-quoi, et qui est très malade ?
- C'est une femme, une française, qui est prisonnière. Elle est prisonnière depuis 6 ans, comme ton âge ! Elle est dans un pays où il y a la guerre et qui s'appelle la Colombie. Dans ce pays il y a
une très grande forêt, une forêt plus grande que la France. Cette forêt est sauvage : elle est très difficile d'accès. Des militaires de ce pays font prisonniers des gens. Les prisonniers sont dans
cette forêt, ils n'ont pas de médicaments, pas assez à manger, ils n'ont pas de maison non plus. Les prisonniers sont des otages. Un otage c'est une personne que des gens font prisonnière
pour pouvoir obtenir quelque chose en échange de sa libération.
- Mais il faut absolument libérer la dame malade. Et la guerre c'est trop horrible, et surtout, je savais pas que ça existait en vrai. A l'école, pendant la récréation, les garçons jouent à la
guerre et ils nous font prisonnières. Mais on se défend. De toutes façons, j'ai une idée : je pourrais écrire une lettre au Président de la France Nicolas Sarkozy, comme ça il téléphone à son
copain le Président de la Colombie et il lui dit de libérer la dame, non ?
Vos petits mots