Chroniques des oiseaux bavards

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Jeudi 20 mars 2008

Malo : Quand je dors, je peux regarder mes rêves.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mercredi 19 mars 2008
Un gâteau au yahourt à six mains, une bonne compote de pommes aux épices, un pipi par terre du bébé fesses à l'air, un bain improvisé dans la cuisine sous des regards attentifs, 

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un karaté chaussettes (ou "qui aura le plus vite les pieds nus ?"),

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suivi de près par une java à trois,


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... Et la sieste, enfin !





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Mercredi 19 mars 2008
C'était mal parti. Dès le réveil, mes yeux ne s'ouvraient pas, ne voulaient pas s'ouvrir, et cette envie tenace de rester sous la couette, une heure encore goûter les plaisirs du silence, le bonheur d'être seule et pas sollicitée.  Et puis. Un petit déjeuner presque tranquille, pour mieux accepter d'être déjà debout. Ils s'amusent.

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Une mise au point avant le départ pour l'école. Malo heureux de retrouver ses copains. Câlin, bisou, au revoir, c'est si simple. Alors. J'avance confiante vers la classe de grande section. Anna entre en décomposition. Je décide de tenir bon, tout doucement lui glisser dans l'oreille, ce matin je te laisse à l'école, tu iras et peut-être tu seras fière de toi après, tu as la bague fétiche au creux de la poche, tu as même doudou Zoé dans ton joli sac rose. Ce matin je repars sans toi. Larmes et cris. La maîtresse me jette la pierre, vous restez trop longtemps. Non, j'écoute mon enfant qui n'a jamais aimé l'école, depuis la toute première journée. La maîtresse me demande de la garder avec moi, elle a 32 élèves, pas de soutien, Anna serait un poids, elle ne peut tout mener de front. Comme je la comprends sur ce point, 32 élèves en grande section ! Mais. J'ai décidé de la laisser ce matin, on en avait parlé toute la soirée, on était d'accord. Je pars en courant, je pars en pleurant. Mais je pars sans elle, qui hurle derrière.

Débuts difficiles pour cette journée. Pourtant. Petit bouquet de fleurs des champs à 11h30, petit bonheur de celle qui m'a vue pleurer, celle qui vient chercher ses jumeaux. Elle emmène Malo qui ne veut pas quitter ses frères de jeux. A la maison, nous serons donc sept à table, la joie du repas partagé. Mila est avec nous, Gaspard est très content. Anna ne dit rien, ne raconte pas. La maîtresse s'est excusée auprès de moi. J'ai répondu, bien sûr on fait tous au mieux.

13h30, c'est l'heure. Anna se bute, Anna refuse. Bon. Tous les autres sautent dans la bétaillère. Arrivée à l'école, je retrouve Malo qui ne veut pas aller à l'école l'après-midi. Retour avec lui. Ils sont quatre. Mila, Gaspard, Malo, Anna. Fatigués tous les quatre. Les grands décident un boycott de la sieste. Trop lasse pour négocier, j'y consens bon gré mal gré. Mila s'ensommeille. Doucement, lui proposer le repos. Non. Larmes et cris. C'est la journée. Elle baille, elle est épuisée. Dormir dans le lit ? Non. Peut-être avec Anna qui s'allonge près d'elle ? Non. Dans l'écharpe ? Non. Et dans la poussette ? Non. Le temps coule. Gaspard s'impatiente, je l'endors. Mila pleure. Malo se bouche les oreilles. Anna cherche des solutions. Mauvaise journée. Surtout, rester calme. Et si on sortait ? Ouf.

Des copains arrivent. J'avais complètement oublié leur visite prévue de longue date. Je suis heureuse de la voir, avec ses deux petits et son ventre arrondi. Pourtant. Pas le jour. Je les reçois du bout des lèvres, j'explique à quel point cette journée est difficile pour moi. On a les défauts de ses qualités et je suis trop entière pour savoir faire semblant. Malo est ravi de retrouver Macéo. Avec Macéo, le jeu favori et habituel n'est pas pour me plaire : casser, détruire, ravager, jeter les jeux, couper les feuilles des tulipes du jardin. Du lait sur le feu. Mila appelle, mais ne veut pas être dans les bras, alors rester tout près d'elle, ne pas la toucher. Gaspard se réveille. Malo et Macéo poursuivent leur opération de dévastation. Bon. Et si on goûtait ? Ouf. Visite éclair, départ des copains. Elle comprend bien : mauvaise journée. 

Bon. Et si tous ces enfants prenaient un bain ? Ouf. Mila oublie un peu sa fatigue. Ils sont beaux tous les quatre qui barbotent et rient ensemble. Puis. Départ de Mila. Retour du Merle plus tôt qu'à l'ordinaire. Vite, vite, ce soir j'ai RDV chez un médecin. Problème de santé. Je dois être à 20h dans la grande ville polluée. 80 km, un sandwich, "Beirut" dans le lecteur CD de la voiture, je souffle. La journée finira bien : il ne faut pas opérer, la nature a bien travaillé, je me suis auto-nettoyée. Le spécialiste se frotte les yeux, il n'en revient pas. Hygiène de vie, n'est ce pas ?  

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Lundi 17 mars 2008
Comme je l'ai redouté tout le week-end, la demoiselle en pleurs ce matin a encore fait l'impasse sur l'école.  Et puisque je n'ai pas l'énergie pour la laisser sur le banc avec ses larmes, ni pour assurer l'enseignement à domicile, j'ai expliqué que l'école était obligatoire, et qu'on devait trouver une solution acceptable pour tous.

Je demande :  "Qu'est ce que tu voudrais, pour te donner envie d'aller à l'école ?"
Et la demoiselle me répond, très sérieuse : "Mais maman, c'est très simple. J'aimerais aller à l'école des loisirs."

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Dimanche 16 mars 2008
Le gâteau aux pommes a connu son heure de gloire ... auprès des parents ! Qui m'ont chaudement félicitée avec des "mmmmmmh" et des "mais comment tu fais des gâteaux aussi bons ?". Les enfants lui ont préféré un gâteau à la poudre de noisettes et aux pépites de chocolat dont je dévoilerai la recette bientôt. Tenons nous en à la fête.... en images ! Peu de photos, et pas de belles photos, mais avec jusqu'à 14 enfants... Notez : il y avait 6 invités. Avec les "grands" enfants de la maison, nous devrions calculer 8. Voyez en fait dans cette affluence le résultat de notre vie en lotissement avec jardinet ayant pignon sur cours centrale : les pas-invités trouvent une place parmi les autres. Mais j'avais prévu ! Il restait donc peu de temps pour fixer l'objectif.

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Dimanche 16 mars 2008
On rêvait de quitter la grande agglomération polluée pour une maison et du terrain. Un air de campagne pas trop éloigné d'une ville moyenne pour être cohérents avec nos choix de vie, pour minimiser notre empreinte sur cette terre. Les prix nous ont ramenés à la réalité. Nous étions désespérés. Puis, la chance a ouvert une brèche vers une opportunité à saisir presque sans réfléchir : une maison de lotissement. Une maison avec ses cinq chambres et son horrible carrelage blanc dans la grande pièce de vie. Mais une Maison, et avec deux jardinets. Une maison au milieu d'un minuscule lotissement à quelques pas de la vraie campagne, un lotissement comme un village replié sur lui même, avec ses treize maisonnettes mitoyennes, sa place commune autour de laquelle la vie de tous s'écoule. Les enfants de moins de sept ans en sont les rois. Ils sont douze à fréquenter la même école, à grandir tous ensemble. Vous l'aurez compris au fil de ce blog : c'est le plus souvent chez nous qu'ils se retrouvent.

Ce lotissement est une école de la tolérance. Une école de la vie au quotidien avec les autres, ces gens si différents de nous, avec qui on ne partagerait rien si l'on était voisins. On se distingue les uns des autres. Les dissemblances peuvent être saisissantes, un fossé. C'est souvent pénible, même compliqué, parfois c'est embarrassant ou délicat. Jamais incompatible. On vit tous ensemble, on n'en a pas le droit. Pas assez collectif à mon goût, mais nous sommes tous si contrastés. Je peste, rageuse, de ne pas avoir une tanière selon mes souhaits véritables, de devoir toujours composer avec le voisinage si présent, de ne pas avoir de cerisier, un potager. Mais je mesure notre bonne fortune aussi : presque la campagne et si près de la ville. Pourtant.

Il y a celui qui tond sa pelouse à l'heure de la sieste, et l'autre qui gare sa grosse voiture n'importe comment. Les amis de ceux là qui roulent trop vite sur les voies communes mettant en danger la vie de nos enfants. Le papi qui pulvérise si gentiment notre arbuste de roundup afin qu'il pousse mieux, débarrassé des petites bêtes. Et ces parents qui enferment leurs bambins dans le garage pour leur apprendre à obéir mais qui sont tellement aimables alors qu'ils nous apportent des gâteaux parce qu'ils en ont trop cuisiné. Le chat de ceux là qui prend notre jardin pour sa caisse. Celui qui aime parler des autres. Et il y a ceux qui promettent une fessée si "tu ne rentres pas tout de suite", "si tu n'écoutes pas Papa". Et bien sûr cette famille discrète de la maison du bout qui ne parle à personne. Ceux là qui se disputent si fort que les vitres en tremblent. Ceux qui divorcent. Et encore celui qui pêche et nous régale de brochets succulents. Ceux qui boivent l'apéro (avec nous, toujours partants !) pour n'importe quel prétexte. Il y a, chaque année au mois de juin, la fête du lotissement. Alors, enfin, on sort toutes les tables, les chaises, et les spécialités culinaires, le vin coule à flot. Les plus heureux sont les enfants : eux, ils adorent leur lotissement.  

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Samedi 15 mars 2008
Il aime les pommes. Pommes au four, pommes en compote, pommes en quartier. Mordre dans la pomme à pleines dents comme il croque la vie, en riant. Pour ses 4 ans, j'ai demandé à La merveilleuse Belle au Blé Dormant si elle avait en tête une recette de gâteau à la pomme. La Belle a fait mieux. Elle a imaginé un gâteau tout spécialement pour lui, un gâteau qui porte son nom , pour poser dessus ses 4 bougies. Et j'en suis toute émue. Attention, la Belle est une Reine, une souveraine sans gluten, une magicienne de délices. Elle mitonne comme elle aime : avec tout son coeur.

Il a eu 4 ans hier. A 4 ans, on est presque grand. Il faut tous les doigts de la main moins le pouce pour compter ses années. Et c'est beaucoup, ça ! Il a 4 ans, et il rit. Mais ce qu'il aime par dessus tout, c'est faire rire.
Il pose un regard attentif sur sa soeur. Il félicite son frère. Il a un mot pour chacun. Il joue aux chevaliers, avec ses copains, il se bat en duel brandissant les épées de bois construites par son papa. Il chasse les dragons cachés dans le jardin. Il a 4 ans et c'est un Prince. Il a reçu un château, celui dont il rêvait. Il faut bien ça pour un Prince. On a soufflé les bougies en famille hier, parce que c'était le jour anniversaire.

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Pourtant, ce qu'il attend, pour ses 4 ans, c'est que samedi après-midi arrive vite. Parce que tous ses copains seront là, pour faire une pêche à la ligne, pour déguster le gâteau à la pomme imaginé par la Belle, et pour faire la fête !   
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