Chroniques des oiseaux bavards

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Mercredi 2 avril 2008
Anna, en rentrant hier soir de l'école : Maaaaman, j'apprends à lire, c'est génial. J'apprends à lire en jouant, je ne me rends même pas compte que je travaille ! Et puis je connais deux belles comptines sur le printemps, si tu veux je te les apprends !

Je suis très émue parce qu'à l'école publique de secteur, Anna ne retenait jamais les petites comptines, elle disait toujours, prenant un air tellement désolé, je ne m'en souviens pas. Depuis qu'elle suit un enseignement pédagogique Montessori, elle a développé une curiosité qu'on ne lui connaissait pas, elle nous pose des questions, elle aime apprendre, comprendre. Avant, lorsqu'en famille on avait une discussion au cours de laquelle elle pouvait glaner quelques connaissances nouvelles, elle se bloquait. Elle partait, nous faisait taire, ou au mieux, se bouchait les oreilles.

Elle est transformée, et je suis heureuse, tellement heureuse pour elle, qu'elle n'ait plus le sentiment de perdre ses journées. Et parce qu'on a le droit d'être fier de soi même, je suis heureuse d'avoir su lui proposer une alternative, une pédagogie qui, enfin, met en valeur ses potentiels.







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Mardi 1 avril 2008
Un jour que j'avais un bon d'achat, je me suis retrouvée à poser des questions idiotes à un vendeur d'une chaîne de magasins de jouets, ces magasins de type grande surface du jeu en plastique fabriqué en Chine dans lesquels je suis perdue et où je ne trouve jamais mon bonheur. Le vendeur me dit prenez celui là, vous savez bien, les enfants le veulent tous, ils l'ont vu dans la pub à la télé. Et je réponds non je ne sais pas : nous n'avons pas la télé. Il me regarde alors comme si je venais tout droit d'une autre planète et rétorque, suffocant presque, Coooomment ? Mais vous avez l'électricité au moins ? 

Si j'ai un peu exagéré mon discours, c'est que je ne la regarde pas, sans vraiment en connaître les raisons. Nous avons en fait un écran combiné cassettes vidéos dissimulé dans la salle de jeux, relié aux ondes hertziennes par une antenne lorsque, parfois, le Merle ne veut pas louper un programme. Il est bien courageux... parce qu'alors l'image est pour le moins brouillée. Notre vieil écran est petit (vraiment tout petit), très vieux, quant à la qualité du son ... elle ne vaut même pas la peine qu'on s'y attarde. Les enfants regardent des DVD, et grâce à Internet, ils connaissent ce qu'il est important de savoir pour ne pas avoir l'air trop péquenauds avec les copains. Mais jamais vous ne nous verrez affalés devant l'écran à n'importe quel moment de la journée, préférant à cette activité passive que nos cerveaux lents s'envolent.



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Lundi 31 mars 2008
Il n'est rien de plus affligeant, ni de plus désespérée, qu'une cuisinière qui fricotte éternellement la même tambouille... Celle là s'ennuie assurément derrière ses fourneaux. J'aime innover côté cuisine, c'est une condition pour avoir plaisir à se pencher sur le plan de travail, pour ne pas se lasser, pour que mitonner soit une joie sans cesse renouvelée. La routine n'a pas sa place à notre table, elle laisse le champ libre à la surprise des petits plats chaque fois différents. Il faut alors contenter les papilles en éveil des petits estomacs qui crient famine après leur matinée chargée, tout comme celles plus averties, qui aiment marier les saveurs et varier les plaisirs. Ce matin, je tournais un peu en rond, du frigo aux étagères, avec la moue sceptique et dubitative des jours sans idées. Comme souvent dans ces cas là, je suis allée me promener chez elle. Je devais finalement me rendre à l'évidence : il manquait toujours un ingrédient à mes envies. Alors, j'ai pensé chiche que j'invente une tarte à la carotte pour sa tarte-à-la-carotte-ô-thèque.















J'en avais perdu des minutes à me lamenter sur mes placards, alors la tarte devrait être rapide et facile à faire. Sans pâte donc, parce que travailler une pâte sans farine de blé, voilà bien ma bête noire en cuisine, elle est très friable, difficile à étaler. Ce matin, il n'est plus temps de m'y essayer.


Tarte sans pâte carotte, courgette, fromage de chèvre et graines
sans blé, sans PLV, sans oeuf

Ingrédients

- 4 carottes
- 2 courgettes
- 400 g de tofu soyeux
- 50 g de fécule de maïs
- 50 g de farine de riz
- 50 g de poudre de noisette
- 20 cuillères à soupe de lait de riz
- 1 petit fromage de chèvre
- des graines (tournesol et courge pour moi)
- sel, poivre, curcuma


- Préchauffer le four à 200°
- Gratter et râper les carottes.
- Eplucher et couper en fines rondelles les courgettes.
- Faire revenir les carottes et les courgettes dans un peu d'huile d'olive, puis les faire cuire à l'étouffée 15 mn.
- Pendant ce temps : dans un saladier mélanger le tofu soyeux, les farines, la poudre de noisette, et le lait de riz jusqu'à obtenir une pâte homogène.
- Incorporer les légumes au mélange.
- Ajouter le fromage de chèvre coupé en dés, quelques graines, et du curcuma en poudre.
- Saler poivrer selon les goûts.
- Enfourner 45 minutes environ.

Je suis plutôt satisfaite du résultat. Le fromage de chèvre donne un petit goût intéressant à cette tarte qui serait totalement végétale sans lui. Mais le merle a trouvé le fromage de trop. En tous cas, c'est un repas complet, qui m'évite de passer la matinée aux fourneaux ! Nous l'avons dégustée tiède, avec une petite salade verte.





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Samedi 29 mars 2008
Ils ont acheté cette vieille maison de montagne en pensant c'est ici. Plusieurs mois ils ont relevé leurs manches pour lui donner un nouveau souffle. Les amis, la famille, tout le monde a mis la main à la pate. Parce qu'ils sont chers à nos coeurs et parce qu'on oeuvre mieux ensemble, nous avions proposé de faire notre part. Nous sommes arrivés en famille un matin pour mettre la touche finale, pour que cette maison ait un plancher. Ils ont travaillé tout le jour durant, posé patiemment latte après latte, assistés parfois d'une spectatrice concentrée.






















Au dehors, l'ambiance en est une autre. La journée s'annonce printannière. Je fais une pause et savoure, légère, la chaleur du soleil. Je suis heureuse de la retrouver. On discute, on prend le temps. Avec elle, tout est simple. Elle sait rendre unique un moment anodin. Son accent m'offre un dépaysement agréable et ennivrant.

Ni une ni deux nos enfants investissent le jardin. Pour suffire à leurs moments de bonheur, il en faut peu : un arbre, une corde, une brouette, une pelle pour creuser un trou. Alors, tout devient possible. Il ne nous reste qu'à saisir, le sourire aux lèvres, l'ampleur de leur imagination débordante, jamais rassasiée. Ils s'inventent un monde appartenant à eux seuls, ils rient un peu mais sont très sérieux le plus souvent. Ils se transforment en super héros capables de braver tous les dangers, de grimper aux arbres, de sauter, crier et courir pour finir enfin par s'assoir, épuisés, devant un goûter mérité.
















































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Samedi 29 mars 2008
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Jeudi 27 mars 2008
La délicieuse sensation de sentir sa main dans la mienne pour toute une journée. Ses yeux qui pétillent à cette idée. Pas de pleurs du bébé, pas de sollicitations au mauvais moment, pas d'interruption de nos conversations. Ma joie de m'occuper seulement d'elle. Le plaisir infini de s'échapper ensemble. S'enfuir pour quelques heures, voler ce temps à notre vie de famille. Grimper dans la voiture, heureuses et excitées de concert, comme on partirait en vacances. Lui donner le choix du lieu et de l'emploi du temps. Nous irons donc dans la grande ville, flâner dans les rues, battre le pavé en sautillant, prendre le tramway, saluer des amis. Et bien sûr, nous prendrons les bulles ! Garder à l'esprit le merveilleux bonheur de notre intimité retrouvée, renforcer ce fil solide mais invisible qui nous lie étroitement, et qui a toute la place pour aujourd'hui. C'est si rare. On recommencera, dis ? Oui, et comment !


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Jeudi 27 mars 2008
Lila prend forme sur la terrasse, sous les doigts habiles des enfants bien contents. Mais peut-être Lila aura froid, Anna lui prêtera son bonnet.

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      Et moi, je rêve du printemps, le vrai...
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